PASSEPORT POUR L'EQUATEUR

La Semaine

 

La fondatrice d'Ecuavoyages propose des séjours sur mesure dans son pays d'origine. Une porte ouverte sur un univers étonnant.

 

Elle vous indique le meilleur chemin pour découvrir l'Equateur et se lance en même temps dans une aventure entrepreneuriale. Pas de quoi effrayer cette jeune femme qui a le sens du risque, de la remise en question et la volonté de faire partager les fruits de la passion pour la terre de son enfance. Attentive aux êtres et aux choses, Karen Vasquez s'efforce de détecter l'état d'esprit des candidats au voyage pour leur proposer un parcours plein de découvertes et d'inattendus. Dans ce genre d'exercice, il faut savoir être créatif pour trouver un esprit collectif chez les gens autant qu'en soi-même afin de permettre aux voyageurs de saisir les singularités de l'univers qui va les surprendre. Sa joie de vivre, son enthousiasme, son savoir-faire relationnel son obstination, l'énergie et la foi qu'elle met dans son activité lui ont permis de réussir le pari. « J'ai créé l'entreprise, avec le soutien de plusieurs organismes de Lorraine : Promotech, Initiative Grand Nancy, Lorraine Active. J'ai obtenu la bourse Défi Lor attribuée aux jeunes porteurs de projets. Je suis passionnée de voyages, j'ai travaillé plusieurs années à l'international. J'ai eu l'idée et l'envie d'organiser des voyages entre l'Equateur ma terre d'origine et la France mon pays d'adoption et de cœur ».

 

Après le bac, Karen Vasquez veut changer de chemin. Elle décide de s'expatrier, séjourne quelque temps aux Etats-Unis puis arrive en France pour y effectuer son cursus à l'université. D'abord à Montpelier qui lui a été recommandé pour son climat, puis à Aix-en Provence. « J'ai fait langues étrangères appliquées puis affaires internationales ». Elle rêve d'évasion, regarde résolument devant elle, perçoit que dans un voyage tout doit être adapté aux envies des clients qui doivent suivre leur itinéraire sans se rendre compte du travail de fourmi que sa préparation a nécessité. « Mes diplômes en poche, j'ai vécu en Chine, en Jordanie. J'ai bougé pas mal. A Paris, j'ai travaillé chez Dessange pour tout l'international où ils ont beaucoup de salons et de franchises ».

 

Karen Vasquez arrive à Nancy à l'été 2013. Pourquoi a-t-elle choisi ce nouveau point de chute ? « J'ai suivi mon mari Miguel Calero qui est l'assistant coach du SLUC Nancy ». Elle prend le temps de connaître la ville puis décide d'aller au bout de ses envies, de ses projets professionnels et crée le site Ecuavoyages.com.

Elle se lance dans cette histoire avec gaieté, fougue, audace et détermination. Lucide elle sait que la crise réduit les budgets loisirs mais qu'en même temps les voyages sur mesure sont un créneau porteur. Elle n'invente rien sauf une connaissance approfondie des lieux qu'elle propose de visiter. Des lieux dont elle fait partager l'âme, l'histoire, la vision de paysages fantasmagoriques comme les Galapagos le sanctuaire de la biodiversité où tout est hors norme. « Des groupes sont déjà partis en avril. Ils ont parcouru la cordillère des Andes, la route des volcans, ils ont visité des ruines Incas puis ils sont partis aux Galapagos. A partir de l'île de Santa Cruz, ils ont fait de la plongée et nagé avec les otaries. Aux Galapagos, les animaux n'ont jamais connu l'homme comme prédateur. Ils viennent tout de suite vers vous. C'est un petit paradis. Avant le départ du premier groupe, j'ai tout repéré pour m'assurer de la qualité des sites, des hôtels, de la compétence des guides. J'ai trouvé des choses extraordinaires en Amazonie. J'y retourne en juin pour dénicher de nouvelles perles à proposer. Je suis en contact avec les prestataires. J'offre toutes les garanties ».

 

Elle a fait de la curiosité un métier qu'elle conçoit sous un angle différentiel qui donne à l'évasion le charme de l'insolite associé à une fiabilité à toute épreuve. Elle qui n'avait pas de plan de carrière peut-être parce qu'elle n'aime pas fonctionner sur des rails, a trouvé sa voie. « Si ça se passe bien, j'aimerai dans un deuxième temps proposer aux Equatoriens de venir en Europe mais hors des sentiers battus. Il y aura toujours Paris, Madrid, Barcelone et d'autres grandes villes mais j'aimerai qu'ils voient autre chose, qu'ils rencontrent les habitants. Je les amènerai à Strasbourg puis en Lorraine afin qu'ils visitent Nancy et Metz ».

 

Karen Vasquez a parsemé sa route de petites pierres. Peu lui importe la hauteur du tas. Son entreprise est comme l'enthousiasme dont elle a fait une règle de vie : ni l'un ni l'autre ne connaissent de frontières.

 

 

Pierr TARIBO

La Semaine

Mai 2015